Et si l’IA contribuait moins qu’on ne le pense à la croissance américaine ?
Le marché regarde le CAPEX dans l’intelligence artificielle comme un des moteurs de la croissance américaine. Pourtant, sa contribution réelle au PIB est étonnamment faible. Dans ce nouvel épisode, on regarde ce qui tire vraiment la croissance américaine, ainsi que le dilemme dans lequel se trouve le Japon.
Voici les points clés que nous abordons cette semaine:
1.Le CAPEX dans l’IA a un fort contenu en importations, et les marges sont largement captées par les fournisseurs de la chaîne d’approvisionnement. Ce qui tient réellement la croissance américaine aujourd’hui, c’est l’effet richesse : la hausse des marchés actions soutient la consommation des ménages les plus aisés, dans une configuration où la baisse du taux d’épargne suit la hausse de leur richesse nette. Pendant ce temps, la consommation des ménages les moins riches reste en berne.
2.On observe par ailleurs une accélération simultanée des prix sur les biens, les services et l’énergie. C’est une configuration historique inhabituelle qui précède souvent les récessions, sans toujours y conduire. Les salaires réels américains sont déjà passés en territoire négatif, ce qui pèse mécaniquement sur le pouvoir d’achat.
3.Côté Japon, les autorités multiplient les interventions depuis avril pour défendre le yen autour de 160, sans résultat durable. Le marché a intégré le caractère temporaire de cet outil. La solution rationnelle pour stabiliser le yen passerait par d’autres mécanismes : une hausse plus agressive des taux par la Banque du Japon, ou des mesures favorisant le rapatriement des capitaux.
Pensez-vous que les autorités japonaises franchiront le pas vers d’autres mécanismes, ou continueront à compter sur les interventions ?
Retrouvez notre analyse avec Loïc Cadiou dans le dernier épisode de Macro In Motion.
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