Les banques centrales arrivent-elles après la guerre ?
Depuis la réouverture du détroit d’Ormuz, les prix du pétrole se normalisent très rapidement. Pourtant, la BCE, la Fed et la Banque d’Angleterre ont durci leur ton récemment, en réaction à un choc menaçant leur objectif d’inflation.
Dans cet épisode nous discutons des points suivants :
1. Le choc pétrolier majeur attendu ne s’est pas pleinement matérialisé. La forte destruction de demande en Asie (notamment la Chine, qui a puisé dans ses réserves et accéléré son électrification) et l’augmentation de l’offre des autres producteurs ont sensiblement compensé la baisse de l’offre provenant du détroit. Avec sa réouverture, les stocks accumulés pendant la crise sont sur le point d’arriver sur le marché.
2. La forme du choc compte autant que son amplitude. Une hausse durable des prix de l’énergie produit un choc d’inflation transitoire. Mais si les prix rebaissent rapidement vers leurs niveaux d’avant-crise, on a un choc positif d’inflation suivi d’un contre-choc d’ampleur similaire. L’effet net sur l’inflation à terme est alors quasi nul.
3. Les banques centrales arrivent donc potentiellement à contre-temps de cette dynamique. La BCE a monté ses taux de 25 points de base la semaine dernière, et la Fed a durci son ton hier soir avec un risque de hausse de taux en 2026. Ces décisions arrivent au moment où l’inflation rebaisserait si la normalisation rapide du prix du pétrole était confirmée.
Et si les anticipations actuelles de trajectoires des banques centrales étaient déjà obsolètes ?
Retrouvez l’analyse de Philippine Watteaux et Loic Cadiou dans le dernier épisode de Macro In Motion.
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