Le marché est-il devenu trop confiant sur les perspectives du second semestre ?
Le premier semestre avait débuté avec un marché qui pariait sur un dollar plus faible et des taux américains en baisse. Six mois plus tard, le positionnement s’est inversé : dollar fort et taux plutôt orientés à la hausse.
Pour comprendre ce retournement, il faut revenir sur ce qui l’a produit et sur ce qui pourrait le remettre en cause.
1. Le dollar s’est renforcé surtout face aux devises les plus fragilisées par le choc pétrolier et qui ont un faible rendement (yen, franc suisse, dollar canadien, dollar néo-zélandais), sans pour autant s’imposer partout. Le marché est resté acheteur des devises émergentes à haut rendement.
2. Les fonds systématiques, qui suivent les tendances de façon quasi automatique, sont devenus très vendeurs d’obligations. Et la hausse des taux ne s’explique plus seulement par l’inflation attendue. Elle traduit aussi une prudence croissante face à l’ampleur des sommes empruntées, par les États comme par les entreprises (notamment pour financer les grands projets liés à l’intelligence artificielle). Cette abondance d’emprunts commence à peser sur les conditions de financement des entreprises les moins solides.
3. Ces positionnements marqués supposent une croissance américaine qui reste forte. Or le second semestre s’ouvre avec des stocks pétroliers très bas, un calendrier électoral chargé (mi-mandat aux États-Unis, élections au Brésil) et des effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat qui pourraient encore se faire sentir.
Un scénario aussi largement partagé reflète les convictions d’une forte croissance américaine à venir. Qu’adviendrait-il si celle-ci venait à décevoir ?
Retrouvez l’analyse de Philippine Watteaux et Loic Cadiou dans le dernier épisode de Macro In Motion.
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